Chine 2015 – Preview : Ferrari, nouveau casse-tête pour Mercedes ?

Avant le début du Grand Prix de Chine, l’équipe du SAV de la F1 vous propose sa présentation de la troisième manche de la saison 2015 du Championnat du Monde de Formule 1.

Le circuit

En chinois, Shanghai s’écrit 上海… Attendez, ne partez pas ! Je vais parler du circuit, laissez-moi au moins le temps de vous faire voir où je veux en venir ! Parce qu’en plus, ça nous donne une occasion de taper sur Hermann Tilke – qui, décidément, sera souvent cité dans cette rubrique. Car plutôt que de partir de la simple feuille blanche que constituait la zone où allait être construit le circuit – et là, c’était un marécage, donc il avait vraiment carte blanche -, le manufacturier unique des circuits se rajoute des contraintes, alors qu’il est déjà tenu par la FIA de mettre un golf de 18 trous en bordure de piste pour faire office de dégagements. En effet, prenons le premier des deux idéogrammes du nom de Shanghai, 上, et comparons-le avec la carte du circuit ci-dessous. Eh oui, Tilke a rajouté de la symbolique dans son travail en s’inspirant du caractère qui se prononce « shang » et qui signifie « au-dessus ».

Alors vu la tronche de l’idéogramme, ça n’est pas très engageant. Avec ces trois pauvres bâtons, dont deux assez longs et perpendiculaires, on voit tout de suite venir les longues lignes droites, les épingles et les angles droits. Niveau lignes droites et épingles, on est servi puisque ce combo typiquement « Tilkien » est utilisé à trois reprises. L’Autrichien, par choix ou par obligation de la FIA, tombe en plus dans d’autres de ses travers, mais aussi dans ceux de la démonstration de force voulue par les Chinois à la construction du circuit : les dégagements sont hors de propos, l’entrée des stands est inutilement piégeuse – n’est-ce pas, Lewis et Pastor ? – et les installations (bâtiments des stands, 200.000 places en tribune) sont démesurées et jamais remplies.

Heureusement, on s’est un peu éloigné de l’idée de départ pour se permettre un soupçon de fantaisie. Regardez-moi ce superbe enchaînement 7/8/9, variation du 5/6 de la Malaisie ! Certes il n’y a pas la même rapidité dans le changement de direction entre le gauche et le droite, mais on trouve une difficulté supplémentaire avec le freinage du virage 9 qui vous saute à la figure dès la sortie du droite. Ah et, on a de l’inédit avec les combinaisons 1/2 et 12/13, dont le mot d’ordre est interminable : deux courbes à droite excessivement longues – une torture pour les pneus du côté gauche – où il est quasi-impossible d’emprunter deux fois la même trajectoire. La première, en dévers, vous prend dès le début du tour et menace de vous le gâcher en vous surprenant par son resserrement et son dévers ; la seconde, au contraire, est inclinée vers l’intérieur et s’ouvre, pour déboucher sur la non moins interminable ligne droite arrière, et il faut donc s’en extraire de la meilleure manière possible pour ne pas se coltiner quelques km/h de moins pendant quasiment 1200 mètres.

Alors, ces trois points du circuit ont beau être rapides et/ou techniques, leur longueur et leur espacement avec un reste du tracé sans grande saveur ont un contrecoup terrible : l’ensemble manque cruellement de rythme, et il ne me semblerait absolument pas farfelu qu’un pilote déclare qu’il s’ennuie ferme dans la voiture à Shanghai. En tout cas, moi, à de rares exceptions toujours possibles, je ne m’amuse guère devant ma télé. Pourvu qu’on me fasse mentir !

Gusgus

Les enjeux

L’équipe sous le feu des projecteurs, c’est bien évidemment la Scuderia Ferrari, après sa brillante course à Sepang. Alors, grand bond en avant ou feu de paille chez les rouges ? À Maranello, on la joue quand même modeste et on reste prudent, les conditions climatiques en Chine seront de surcroît bien plus fraîches qu’il y a deux semaines. Mais les qualités de la SF15-T, on les avait déjà vues dès Melbourne, pas de raison qu’elles disparaissent ce week-end. Après tout, le rouge porte bonheur en Chine !

Mercedes n’a pas simplement été battue en Malaisie, elle a été blessée dans son orgueil, et tout le monde sait qu’il n’y a rien de plus dangereux qu’un animal blessé, pas question pour eux de se faire battre sur la piste une deuxième fois de suite. Les Flèches d’Argent auront sans doute à cœur de dominer ce week-end de bout en bout et de bien rappeler à tous qui sont les patrons du paddock. Il ne faudrait quand même pas que les autres équipes se mettent à avoir de folles idées comme vouloir gagner des courses, vous comprenez, toute résistance est inutile !

Encore une fois le purgatoire attend peut-être les pilotes Williams, incapables pour l’instant de se battre avec Ferrari et Mercedes, et pourtant bien au-dessus des autres équipes. Ils ont beau être 3ème au classement, leur début de saison nous laisse une sensation de « Mouais, c’est un peu décevant quand même… » dans la bouche. Prions pour qu’ils retrouvent leur belle vitesse de pointe aperçue l’an dernier dans les grandes lignes droites de Shanghai.

Derrière les 6 premiers le reste des points devraient tomber dans l’escarcelle de Red Bull, Toro Rosso et Sauber. Oui, d’accord, ça fait 6 pilotes pour 4 places, mais on sait tous très bien qu’une Red Bull va encore avoir un problème moteur (oui parce que s’ils n’en ont pas, il va parler de quoi Helmut Marko ce week-end ?) et chez Sauber, ils marchent sur du courant alternatif triphasé depuis le début de saison (non on ne fera pas de blague sur Alonso, il y en a déjà eu beaucoup trop !). Force India pourrait aussi rentrer dans ce groupe, mais il faudrait déjà qu’ils arrêtent de rentrer dans les voitures des copains, ça fait tâche.

Une pensée enfin pour Lotus, McLaren et Manor, donc l’objectif en Chine sera donc de… ramener les deux voitures à l’arrivée pour la première fois cette saison. Un objectif complètement fou mais normalement accessible pour les gens d’Enstone si Pastor se débarrasse de son chat noir, de l’échelle qu’il a installé dans son cockpit, de son miroir de rétroviseur cassé et de son numéro 13. C’est aussi théoriquement accessible pour les deux autres équipes, à combien de tours du vainqueur, on ne sait pas, mais ça doit être possible !

Sans plus attendre, voici donc les questions auxquelles le GP de Chine devrait répondre :
– Si Ferrari bat encore Mercedes cette semaine, Niki Lauda commencera-t-il à manger sa casquette ?
– Nico Rosberg arrivera-t-il à garder le sourire et ne pas tirer la tronche pendant tout le week-end ?
– McLaren parviendra-t-elle à battre sa grande rivale cette saison à Shanghai, c’est-à-dire Manor ? 
– La mauvaise blague de l’année, ce serait pas Grosjean incapable de battre une voiture motorisée Renault cette saison ?
– Horner, Marko et Newey sont-ils capables de s’auto-traiter d’incapables si la Red Bull a un problème autre que moteur lors du Grand Prix ?

Et celles auxquelles il ne devrait pas répondre, ou alors par accident :
– Bernie écoute-t-il trop de Patrick Juvet pour avoir des idées de championnat de F1 féminin ?
– Le moteur Honda, il serait pas « Made In China » et pas du tout japonais en fait ?
– Ils ne sont pas vexés les Chinois qu’Hamilton ait appelé un de ses chiens « Coco » ?
– Nasr et Ericsson mettent-ils du Sauber dans les épinards ?
– Sérieusement, qui c’est qui a volé l’orange du marchand ?

Shinji

Les infos indispensables

Tracé du Circuit de Shanghai

Le DRS. Deux zones DRS seront mises en place à Shanghai : la première sur la deuxième moitié de la longue, longue, très longue ligne droite arrière, avec un point de détection entre les virages 12 et 13, et la seconde sur la ligne droite de départ/arrivée, avec un point de détection juste avant le virage 16.

Le commissaire-pilote. Pour cette course, le quatrième membre du collège des commissaires sera le Britannique Mark Blundell, ancien pilote pour Brabham, Ligier, Tyrrell et McLaren au début des années 1990.

Le Grand Prix 2014. L’an passé, la course avait été facilement remportée par Lewis Hamilton – il s’agissait du 25ème succès en carrière – qui avait devancé sur la ligne d’arrivée Nico Rosberg. L’Allemand avait été victime d’un mauvais départ depuis la quatrième position seulement, suite à des qualifications pluvieuses, et d’une course entière sans télémétrie. Il avait progressivement remonté Massa, les deux Red Bull et la Ferrari de Fernando Alonso, 3ème de l’épreuve. Le départ avait été particulièrement mouvementé aussi pour les deux Williams qui étaient entrées en contact avec Alonso pour Massa et Rosberg pour Bottas dans le premier virage, sans dommages. Chez Red Bull, pour la deuxième course consécutive après Bahreïn, Sebastian Vettel se voyait intimer l’ordre de laisser Daniel Ricciardo passer.

Les troisièmes pilotes. Pour ce Grand Prix, le Britannique Jolyon Palmer délaissera temporairement sa nouvelle super copine Carmen Jordá et prendra le volant de la Lotus E23 Hybrid en lieu et place d’un des deux titulaires habituels que nous ne connaissons pas encore puisque visiblement l’écurie d’Enstone considère qu’il s’agit d’une information super confidentielle.

Les horaires du GP.
Essais libres 1 : vendredi 10 avril, à 4h00.
Essais libres 2 : vendredi 10 avril, à 8h00.
Essais libres 3 : samedi 11 avril, à 6h00.
Qualifications : samedi 11 avril, à 9h00.
Course : dimanche 12 avril, à 8h00.

Les rendez-vous du SAV.
Top/Flop des essais libres : samedi 11 avril, après les EL3.
SAV des qualifications : samedi 11 avril, 15h00 en direct (podcast publié dans la foulée).
Début du vote pour le Quinté± : dimanche 12 avril, juste après la course.
SAV de la course : lundi 13 avril, 20h30 en direct (podcast publié mardi 14 avril).

Fab007

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