Belgique 2015 – Preview : le Francorchamps libre pour Mercedes ?

Avant le début du Grand Prix de Belgique, l’équipe du SAV de la F1 vous propose sa présentation de la onzième manche de la saison 2015 du Championnat du Monde de Formule 1.

Le circuit

Un mois après la Hongrie on continue avec les surnoms à double sens salace, bienvenue sur le toboggan des Ardennes ! Niché au cœur de ce massif boisé, le circuit de Spa-Francorchamps nous montre que, contrairement à ce que chantait Jacques Brel, la Belgique n’est pas un si plat pays que ça. Merveille parmi les circuits accueillant la Formule 1, circuit préféré de nombreux pilotes et de nombreux fans, Spa réunit en un endroit tous les ingrédients propices à de superbes courses.

Bien sûr comme évoqué précédemment les Ardennes ont offert au circuit son vallonnement naturel de toute beauté, bien loin des insipides circuits-parkings que l’on nous montre parfois, mais le massif a souvent aussi été le théâtre d’une météo bien particulière. En cette période de la fin août le temps peut s’avérer estival avec de fortes chaleur, mais parfois extrêmement pluvieux. Rien d’anormal vous me direz, sauf que ce qui distingue le tracé belge, c’est qu’il est tout à fait possible d’avoir les deux en même temps sur le circuit, le plus long de l’année avec ses 7,004 kilomètres, un casse-tête pour choisir ses pneus !

Si ce n’était que le cadre qui était magnifique, ce serait génial, mais en plus le tracé offre une variété incroyable de situations qui en font un circuit absolument complet : virages rapides, chicane, longues lignes droites, épingle, on trouve de tout ! Si l’on pense forcément au Raidillon de l’Eau Rouge, qui a dû rendre riche de nombreux kinés avec tous les tassements de vertèbres qu’il a pu provoquer, n’oublions pas les autres nombreux points mythiques de ce circuit : Kemmel, Les Combes, Pouhon, Blanchimont ou l’Arrêt de bus, et encore j’en oublie !

Et bien sûr comment ne pas évoquer la ligne de départ de Spa-Francorchamps ? Qui a bien pu avoir l’idée de mettre le départ à cet endroit 100 mètres avant un 1er virage à 300 degrés ! Était-il alcoolisé, dépressif, ou bien longuelignedroitophobe ? Le départ du Grand Prix de Belgique et sans doute l’un des plus chauds de la saison avec le Canada ou Monaco. Si l’on se souvient forcement de Romain Grosjean en 2012, n’oubliez pas que c’est ici, en 1998, sous le brouillard ardennais qu’eut lieu le plus gros carambolage de l’histoire de la F1 avec 13 voitures sur 22 au tapis dès le premier virage ! Mais ne vous inquiétez pas, tout devrait bien se passer cette année, vous savez les départs en F1 sont aujourd’hui très automatis… OH MERDE !

Shinji

Les enjeux

Comme à chaque rentrée, l’ensemble du F1 Circus nous dira qu’il revient requinqué, plein de bonnes intentions et de nouveaux objectifs à atteindre après une pause salutaire. Dépendamment du cours de la saison, soit ça prête à rire, soit ça tombe sous le sens. Mais voyons dans le détail ce qu’il en sera réellement.

Commençons par Mercedes, où on doit clairement remettre les points sur les i après un Grand Prix de Hongrie complètement raté. L’équipe technique a eu 4 semaines pour travailler les départs qui sont de manière évidente le talon d’Achille de la F1 W06 Hybrid. Ça tombe bien, puisque tout le plateau va devoir réapprendre à s’élancer, puisque les aides permettant le bon réglage de l’embrayage seront interdites dès ce week-end. Ça promet quand on voit les pagailles de Silverstone et Budapest ! Les pilotes ne sont pas en reste : Hamilton comme Rosberg auront à coeur de rendre une copie bien plus propre que sur le Hungaroring, le premier ayant multiplié les erreurs en course, le second montrant un rythme bien en deçà de son coéquipier.

Car derrière, l’adversité veille au grain. À commencer par Ferrari : l’équipe italienne et Sebastian Vettel jouent à la perfection la partition écrite par Red Bull et Daniel Ricciardo en 2014, consistant à accumuler le plus de podiums possibles et à profiter des déboires des Flèches d’Argent pour l’emporter. Une stratégie qui a ses avantages : tout comme l’Australien l’année dernière, l’Allemand n’est pas définitivement largué au classement pilotes, rendant « seulement » 42 points au leader Lewis Hamilton… Bon, on parle là d’un scénario qui n’a même pas 1% de chances de se produire ! De plus, la Scuderia va pouvoir se concentrer uniquement sur la piste, la séquence de rumeurs sur l’arrivée de Valtteri Bottas s’étant terminée avec la reconduction de Kimi Räikkönen pour une année. Ça ne changera rien à l’état d’esprit du Champion du Monde 2007 qui est toujours d’humeur égale, mais on se prendra au jeu de voir si le Finlandais va poursuivre sur la voie qui aurait pu le mener à une deuxième place derrière Vettel en Hongrie, si son moteur ne s’en était pas (em)mêlé.

Mais Ferrari ne sera pas seule dans la course au podium. Williams et Red Bull ont chacune des raisons – opposées – d’y croire : l’écurie de Sir Frank pourra mettre à profit les qualités de sa monoplace dans les pleines charges des secteurs 1 et 3, tandis que la formation autrichienne, qui reste sur un double podium en Hongrie, comptera sur les courbes du secteur 2 pour faire la différence. En cela, il sera intéressant de voir laquelle des deux monoplaces en tirera le meilleur avantage. Et si l’on cite Red Bull, difficile de ne pas évoquer les chances de Toro Rosso, qui ne s’est jamais montrée très loin de son écurie-mère, à moins que cette dernière ait enfin mis les bouchées doubles en matière de développement.

Si tel était le cas, Toro Rosso se retrouverait dans le peloton de chasse qui, comme souvent, laisse espérer une belle bataille pour les accessits, mais qui généralement se voit amputée par les erreurs des uns et des autres. À la lutte avec la petite Scuderia, nous retrouverons probablement Force India, Lotus, McLaren, et peut-être Sauber. L’écurie basée à Silverstone a de quoi se faire pardonner après un week-end émaillé par des bris mécaniques inattendus. Du côté d’Enstone, on cherchera à connaître un week-end tranquille, sans panne à répétition du côté de la voiture de Romain Grosjean et du discernement de Pastor Maldonado. Pour ce qui est de l’écurie de Woking, elle compte profiter du résultat inattendu connu à Budapest pour lancer sa saison et décoller de sa neuvième place. Mais la Belgique va être sacrifiée : si Honda posera 3 jetons sur la table pour améliorer son moteur, l’écurie a choisi de monter deux moteurs neufs sur chacune des deux monoplaces afin de grouper les pénalités sur un seul Grand Prix. Les MP4-30 partiront donc sans doute du fond de grille. Quant à l’écurie suisse, elle aura enfin à disposition les dernières évolutions du moteur Ferrari et tentera de recoller, sans quoi, il faudra capitaliser sur les ennuis des autres pour marquer quelques unités, comme sur le Hungaroring.

Une situation qui sera quoi qu’il arrive celle de Manor : le petit poucet attend désespérément l’hécatombe qui lui permettrait d’inscrire un point pour l’honneur, puisqu’il ne changerait de toute façon rien à son classement au championnat. Reste que le petite lutte entre Will Stevens et Roberto Merhi pour s’éviter la lanterne rouge réserve son lot de surprises… si tant est que le matériel est le même pour les deux.

Sans plus attendre, voici donc les questions auxquelles le GP de Belgique devrait répondre :
– Comment Bison Futé va-t-il classer le départ de ce retour de vacances ?
– Les Flèches d’Argent vont-elles retoucher de l’or ?
– Red Bull et Toro Rosso vont-elles recoller au trio de tête ?
– Après la reconduction de Räikkönen, Valtteri va-t-il trouver Bottas son pied ?
– Après toutes ces casses en Hongrie, la Force India tranquille ?

Et celles auxquelles il ne devrait pas répondre, ou alors par accident :
– Si François Hollande venait voir la course puis rentrait en Corrèze, comment ferait-il le trajet Spa-Tulle ?
– Si les garçons naissent dans les choux et les filles dans les roses, les F1 naissent-elles dans des mines de charbon ?
– Est-ce que maintenant on peut nous dire ce qu’il y avait dans la glacière de Marcelo Bielsa ? Et dans la valise RTL ?
– Trouvera-t-on vraiment un jour une méthode efficace pour mettre fin au hoquet ?
– Papa, c’est quand qu’on arrive ?

Gusgus

Les infos indispensables

Tracé du Circuit de Spa-Francorchamps

La distance. 44 tours du Circuit de Spa-Francorchamps (7,004 km) sont prévus, pour une distance totale de 308,052 km.

Les pneus. Pirelli fournira aux pilotes, pour cette manche, les pneus P-Zero Tendres (jaunes) et Médiums (blancs). Comme toujours, en cas de piste humide, les pilotes disposeront des pneus Cinturato pour la Pluie (bleus) et pour des conditions Intermédiaires (verts).

Le DRS. Deux zones DRS seront mises en place à Spa : la première dans la ligne droite avant Les Combes, avec un point de détection situé avant l’Eau Rouge, et la seconde dans la ligne droite de départ/arrivée, avec un point de détection avant l’Arrêt de Bus.

Le commissaire-pilote. Pour cette course, le quatrième membre du collège des commissaires sera de nouveau Emanuele Pirro, qui avait déjà officié en Hongrie avant la trêve. L’ancien pilote de F1, pour Benetton notamment, a remporté les 24 heures du Mans à cinq reprises dans les années 2000 avec Audi. L’Italien est un habitué du poste qu’il a occupé à Abu Dhabi en 2010, en Malaisie et en Chine en 2011, à quatre reprises en 2012 (Bahreïn, Chine, Europe et Italie), à trois reprises en 2013 (Allemagne, Japon et Corée du Sud), à quatre reprises en 2014 (Australie, Hongrie, Belgique et Brésil) et donc en Hongrie cette saison.

Le Grand Prix 2014. L’an passé, la manche belge du championnat marqua le véritable tournant de la saison. Arrivé en leader, avec 11 unités d’avance sur Lewis Hamilton, Nico Rosberg domine une nouvelle fois son équipier en qualifications, mais cette fois, une première depuis Montréal, les deux hommes s’élancent tous les deux en première ligne. Au départ, l’Allemand se manque légèrement. Hamilton puis Vettel le passent. Le pilote Red Bull se permet même de tenter le dépassement sur la Mercedes aux Combes mais doit finalement s’incliner, couper à travers la chicane et se replacer en troisième position au retour en piste. Lors du second passage, c’est Rosberg qui se porte cette fois-ci à l’attaque sur Hamilton : pas de dépassement possible mais les deux trajectoires se croisent. Contact entre les deux F1 W05 Hybrid : Hamilton crève, Rosberg perd un morceau d’aileron. La face du championnat vient de changer.

La course, elle, est animée par Daniel Ricciardo : il passe Bottas puis Alonso et se joue de son équipier, Vettel auteur d’une erreur à la sortie de Pouhon. L’Australien, second, va profiter du changement d’aileron nécessaire de Rosberg pour prendre le commandement du Grand Prix et se diriger vers une nouvelle victoire. Pendant ce temps, le leader du championnat reprend Vettel, Räikkönen, et Bottas pour se hisser en deuxième position malgré un débris de pneu accroché à sa monoplace pendant quelques tours après son premier arrêt et un dernier changement de pneus tardif. Valtteri Bottas, enfin, monte sur la troisième marche du podium, auteur notamment d’un dépassement à l’extérieur sur Vettel dans les Combes.

Le podium, justement, est marqué par la réaction du public à l’encontre de Nico Rosberg : l’Allemand est sifflé, hué pour sa « manœuvre » et la verve d’Eddie Jordan, intervieweur du jour, n’y changera rien. Hamilton, qui a abandonné à quelques tours de l’arrivée après avoir été englué dans le peloton loin des points, se trouve repoussé à 29 points au championnat. Surtout, après le GP, et alors qu’il n’avait pas lancé de polémique à chaud, il allume une première mèche en déclarant que Rosberg a volontairement provoqué l’accrochage. Les propos seront nuancés : l’Allemand voulait « prouver quelque chose » en n’évitant pas l’accrochage. Mercedes demandera finalement à son pilote de s’excuser et le sanctionnera quelques jours avant le GP d’Italie.

Les troisièmes pilotes. Pour ce Grand Prix, Jolyon Palmer occupera une nouvelle fois le baquet de la Lotus E23 Hybrid en lieu et place de Romain Grosjean lors des EL1.

Les horaires du GP.
Essais libres 1 : vendredi 21 août, à 10h00.
Essais libres 2 : vendredi 21 août, à 14h00.
Essais libres 3 : samedi 22 août, à 11h00.
Qualifications : samedi 22 août, à 14h00.
Course : dimanche 23 août, à 14h00.

Les rendez-vous du SAV.
Top/Flop des essais libres : samedi 22 août, après les EL3.
SAV des qualifications : samedi 22 août, 20h30 en direct (podcast publié dans la foulée).
Début du vote pour le Quinté± : dimanche 23 août, juste après la course.
SAV de la course : lundi 24 août, 20h30 en direct (podcast publié mardi 25 août).

Fab

One Comment

Répondre à Sull Annuler la réponse.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.