Le SAV de la course du Grand Prix de Grande-Bretagne 2014

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Le SAV de la course du Grand Prix de Grande-Bretagne 2014
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Le SAV de la F1 est revenu, dans un podcast en direct, sur la course du Grand Prix de Grande-Bretagne 2014 qui a vu la victoire de Lewis Hamilton suite à l’abandon de Nico Rosberg.

Après des qualifications disputées dans des conditions très changeantes, le soleil pointe timidement le bout de son nez au-dessus de Silverstone, au moment du départ, avec 17°C dans l’air et 33°C sur la piste. Alors que les pilotes s’alignent sur la grille, seules les deux Ferrari, respectivement 16ème et 18ème, sont chaussées des pneus durs à flancs orange, tandis que l’attention se focalise sur la sixième place qu’occupe Lewis Hamilton.

À l’extinction des feux, Nico Rosberg et les pilotes McLaren prennent les meilleurs envols, laissant Sebastian Vettel à la lutte avec Lewis Hamilton. Léger contact roue contre roue entre les deux champions du monde, le Britannique prenant l’ascendant sur l’Allemand dans l’enchaînement des virages 4 et 5. Derrière, Kimi Räikkönen se rate complètement à la sortie du virage 5 et sort au large dans la partie bitumée. Au moment de reprendre sa place en piste, le Finlandais bute sur une bosse dans le gazon et perd complètement le contrôle de sa F14 T qui termine violemment sa route dans le mur et revient sur la piste. Auteur d’un piètre envol – qu’il attribue au rythme lent imposé par les pilotes Mercedes lors du tour de chauffe -, Felipe Massa, la vue cachée par la Caterham de Kamui Kobayashi, ne voit la Ferrari en perdition qu’au dernier moment et est contraint de monter sur les freins pour éviter le sur-accident. Le Brésilien, parti pour un tête-à-queue, ne peut éviter le contact avec la Ferrari mais parviendra à reprendre la piste avant de renoncer à poursuivre son deux-centième Grand Prix.

Sorti en boitillant de sa monture meurtrie, des bleus sur les genoux et les chevilles, Kimi Raïkkönen regrette que sa course se soit terminée dès le premier virage : « C’est vraiment dommage parce que, samedi, mes sensations en piste s’étaient améliorées et j’étais déterminé à faire tout mon possible pour ramener des points à la maison. Je suis très déçu de la manière dont les choses se sont passées aujourd’hui mais désormais je veux oublier cet incident et me concentrer sur la prochaine course, en Allemagne. »

L’incident incite Charlie Whiting à neutraliser la course en déployant le drapeau rouge, synonyme de nouvelle procédure de départ derrière voiture de sécurité. Sur la grille, Nico Rosberg (Mercedes) devance Jenson Button (McLaren), Kevin Magnussen (McLaren) et Lewis Hamilton (Mercedes). Après un départ raté sur le côté droit de la piste, Sebastian Vettel (Red Bull) et Nico Hülkenberg (Force India) occupent la troisième ligne. Parti 14ème, Bottas pointe d’ores et déjà à la 9ème place juste devant Jules Bianchi dont le coéquipier, Max Chilton, attend le restart dans la voie des stands : une manœuvre dangereuse sous drapeau rouge sanctionnée d’un Drive-Through. Partis respectivement 10ème et 11ème, Jean-Eric Vergne et Romain Grosjean ont complètement raté leur départ et ont reculé aux 17ème et 18ème rangs, le natif de Pontoise étant allé au contact avec Sergio Pérez dès le premier virage. Alonso n’a quant à lui que peu profité du départ pour gagner des places et pointe au 13ème rang.

Après une heure d’interruption pour remplacer une barrière de sécurité endommagée sous l’impact, la course reprend ses droits, certains pilotes ayant décidé de changer de gommes : Vettel, Ricciardo, Grosjean, Vergne et Pérez troquant les pneus mediums pour les Durs, Fernando Alonso faisant le choix inverse. Après un seul tour disputé sous régime de voiture de sécurité, la Mercedes frappée du n°6 creuse immédiatement l’écart sur Button sans que personne ne gagne de position. Plus loin, Valtteri Bottas dompte Daniil Kvyat dans la première zone DRS tandis que Lewis Hamilton pousse Kevin Magnussen à la faute dans Copse. Avant la fin du troisième tour, Bottas dépasse Ricciardo tandis que Button cède sa deuxième place à Lewis Hamilton dans le virage 6. Au début du cinquième tour, Rosberg devance de plus de 5 secondes Hamilton. Viennent ensuite Button, Magnussen, Vettel, Bottas, Hülkenberg, Ricciardo, Kvyat et Alonso.

Pour s’emparer de la 9ème place, l’Espagnol inflige au Russe le copier/coller de son dépassement sur Romain Grosjean en 2013, avant de profiter de la bataille Hülkenberg/Ricciardo, pour s’intercaler entre les deux hommes, au 8ème rang. Le nez de sa F14 T collé dans le diffuseur de la Force India, l’Asturien trépigne d’impatience et profite du DRS pour s’emparer de la 7ème place : une position menacée par une investigation ouverte par les commissaires pour s’être mal positionné sur son emplacement, au moment du premier départ. L’Espagnol écope finalement d’une pénalité de 5 secondes à effectuer lors de son prochain arrêt.

Derrière, Esteban Gutiérrez vient percuter la Lotus de Pastor Maldonado au freinage de l’avant dernier virage, projetant l’E22 en dehors de la piste. Le Mexicain termine sa route roue bloquée et aileron avant endommagé dans le bac à gravier situé à l’extérieur du deuxième virage.
Au 10ème tour, Sebastian Vettel est le premier à observer un arrêt pour se débarrasser des pneus durs. Deux tours plus tard, Marcus Ericsson rentre à son tour, mais c’est l’abandon qui attend le Suédois, suspension avant gauche endommagée.

Au 14ème tour, Valtteri Bottas trouve l’ouverture sur Kevin Magnussen, au bout de la deuxième zone DRS : le pilote Williams pointe ainsi au 4ème rang et se lance à la poursuite de Jenson Button et du podium. Le Danois ne tarde pas, quant à lui, à se trouver sous la menace de Fernando Alonso qui le dépasse au bout de la ligne droite du Hangar pour le gain de la 5ème place.

Au 16ème tour, Valtteri Bottas profite du DRS pour prendre le dessus sur Jenson Button, alors qu’en tête de la course, Lewis Hamilton réduit peu à peu son retard sur son coéquipier. Deux tours plus tard, l’Allemand plonge dans la voie des stands pour chausser les pneus Mediums, se préparant ainsi à une stratégie à deux arrêts : la Mercedes frappée du n°6 ressort en deuxième position avec 13 secondes d’avance sur Bottas qui ne s’est pas encore arrêté. Derrière le Finlandais, la quatrième place de Jenson Button semble menacée par Fernando Alonso, mais le pilote Ferrari, bien que déchaîné, peine à trouver la faille sur son homologue chez McLaren. En tête de la course, Lewis Hamilton attend le 24ème tour pour faire escale à son stand : le Britannique chausse les pneus Durs après un arrêt une nouvelle fois mollasson et part pour une stratégie à un seul arrêt, ressortant à plus de 5 secondes de Nico Rosberg.

Chez McLaren, Magnussen perd de nouveau une position, Sebastian Vettel prenant l’ascendant dans l’enchaînement des virages 6 et 7. Jenson Button, lui, voit la menace Alonso s’éloigner : l’Espagnol s’arrête en effet au 25ème tour et observe sa pénalité de cinq secondes avant que les mécaniciens ne troquent ses pneus Mediums usagers contre un train de gommes fraîches. Ressorti neuvième, le pilote de la Scuderia ne s’attarde pas derrière Nico Hülkenberg, alors que Jenson Button se retrouve désormais sous la menace de Sebastian Vettel.

Dans les tribunes, les Britanniques observent à chaque passage des Flèches d’Argent que l’écart séparant Nico Rosberg de Lewis Hamilton se réduit comme peau de chagrin. En proie à des problèmes avec sa boîte de vitesses depuis plusieurs tours, le leader du championnat du monde semble être rattrapé par la fiabilité et est contraint à l’abandon au 29ème tour : « C’est dommage, c’est beaucoup de points perdus, mais bon c’est comme ça. […] J’avais en quelque sorte de l’espoir, » raconte l’Allemand aux journalistes. « J’ai changé d’état d’esprit et je me suis dit : « Ne faisons plus la course contre Lewis et essayons simplement d’arriver au bout, d’une manière ou d’une autre ». Nous avions un tel avantage en termes de rythme que je pouvais faire des choses assez radicales pour maintenir ma boîte de vitesse en vie, mais dès que ça a commencé à être un problème mécanique, il n’y avait rien que l’on pouvait faire de notre côté. Je suis sûr que j’aurais pu gagner car les choses se passaient bien jusque là. »

Lewis Hamilton hérite ainsi de la tête de course tandis que Valtteri Bottas et Sebastian Vettel montent provisoirement sur le podium, Jenson Button ayant effectué son arrêt aux stands.

Au 32ème tour, Valtteri Bottas observe à son tour son premier arrêt, perdant une position dans l’opération. Mais le pilote Williams ne tarde pas à se retrouver dans l’échappement de la Red Bull du quadruple champion du monde qui n’offre aucune résistance dans la ligne droite du Hangar et plonge immédiatement dans la voie des stands pour chausser un nouveau train de pneus Mediums. L’Allemand ressort en 5ème position, mais n’a pas le temps de laisser ses pneus monter en température, devant défendre sa position sur Fernando Alonso et Kevin Magnussen. Le natif d’Oviedo règle la mire et le dépasse avec autorité, à l’extérieur de Copse.

Le pilote de la F14 T n°14 ne parvient cependant pas à creuser l’écart et doit même s’employer pour défendre sa position face au pilote de la RB10 dont les enveloppes pneumatiques sont désormais à température. A la radio, l’Allemand se plaint de l’agressivité de l’Espagnol qui reproche à son homologue de ne pas respecter les limites de la piste : « Par deux fois, j’ai pensé que c’était trop dans le virage 6 après la ligne droite de Wellington, » argumente le quadruple champion du monde. « J’ai évidemment essayé de tenter de le passer par l’extérieur et j’étais légèrement devant. Je savais qu’il essaierait tout pour rester devant, mais de toute évidence mon museau était devant donc c’est à moi de dicter comment on prend le virage et c’est à lui de s’adapter, mais par deux fois il ne l’a pas fait. Lorsque vous vous battez contre Fernando, vous savez que ça va être viril, vous savez qu’il ne vous laisse pas beaucoup de place. »

Une bagarre de chiffonniers qui profite à Jenson Button. Quatrième, le Britannique vise la troisième marche du podium qu’occupe Daniel Ricciardo qui, d’après l’ingénieur du champion du monde 2009, ne devrait plus repasser aux puits.

Excédé à la radio, Sebastian Vettel finit par trouver la faille au terme d’une bataille titanesque entre les deux hommes, du virage 6 à celui de Copse. Dans son casque, Andrea Stella, l’ingénieur de course d’Alonso, entend l’Espagnol exploser de colère, reprochant – à tort – au pilote Red Bull d’avoir utilisé son DRS dans l’ancienne ligne droite des stands. Après course, l’Espagnol affirmera cependant avoir préféré la bataille avec Jenson Button : « Je suis surpris que Vettel soit resté derrière moi, je pense qu’il n’avait pas une bonne vitesse de pointe, mais ce n’était déjà plus une bataille [alors qu’Alonso affirme avoir été victime de problèmes d’ERS et contraint d’économiser du carburant]. Je pense que j’ai un peu plus apprécié la bagarre avec Button : ça a duré huit tours et je ne pouvais pas passer car il défendait bien. »

Au drapeau à damier, les positions restent inchangées en tête de course malgré la remontée de Jenson Button derrière Daniel Ricciardo. Après 2008, Lewis Hamilton remporte ainsi son deuxième Grand Prix à domicile et revient à quatre longueurs de son coéquipier au championnat pilotes : « [Après les qualifications,] j’avais le sentiment d’avoir laissé tomber, non seulement les fans, mais aussi l’équipe et moi-même. Aujourd’hui, ma priorité était d’essayer de transformer ce sentiment de vide et ma négativité en une journée positive. J’ai reçu un soutien incroyable ce week-end. […] Je crois sincèrement que j’avais le rythme pour l’emporter aujourd’hui. Je rattrapais Nico dans le premier relais. J’ai pu l’allonger comme jamais auparavant. Je me sentais vraiment à l’aise. Évidemment, on ne souhaite jamais que son coéquipier abandonne et l’emporter de cette manière : j’espérais avoir une bagarre roues contre roues, mais je suis sûr que nous en aurons de nombreuses à l’avenir. »

Après avoir eu pour la première fois les honneurs de la cérémonie protocolaire en Autriche, Valtteri Bottas double la mise à Silverstone et progresse même d’une marche sur le podium : « Nous savions que cette course pouvait être très sympa. Nous savions disposer d’une voiture rapide, peut-être même étonnamment un peu plus rapide aujourd’hui, mais dès le premier relais, le rythme était bon. J’ai pu assez bien me dégager du peloton. Évidemment, parfois il a fallu prendre des risques parce que c’est vraiment important de ne pas perdre de temps en restant bloqué derrière quelqu’un, mais j’ai vraiment réussi à bien m’en sortir, à exploiter le potentiel de la voiture. Je suis simplement très, très heureux de ce que nous avons accompli en tant qu’équipe. »

Troisième, Daniel Ricciardo poursuit lui aussi sa moisson de trophées après une course discrète : « Nous avons choisi de repartir en pneus durs. Ça n’a pas semblé être la meilleure chose à faire parce que nous étions vraiment lents au restart. Valtteri et Fernando m’ont dépassé assez aisément et se sont envolés. J’ai dit à la radio qu’on pouvait peut-être essayer quelque chose de légèrement différent alors que nous n’avions vraiment pas le rythme escompté aujourd’hui. Dès que nous avons passé les pneus Mediums, nous avons simplement attaqué durant tout le relais. Je ne m’attendais pas à finir la course avec ce train de pneus, mais les tours passaient et le rythme restait bon. Nous sommes donc restés en piste et avons tenu jusqu’au bout. C’était génial. Je pense que pour nous trois [sur le podium], le résultat a comme un goût de rédemption. »

Dixième, Jean-Eric Vergne se félicite d’être de retour dans les points : « C’était une très bonne course, je suis content, d’une part, de la terminer – après toutes celles que je n’ai pas pu terminer cette année, c’est une bonne chose. J’ai réussi à doubler toutes les voitures devant moi en début de course, j’ai attaqué fort et ça a payé à la fin. Dixième, ce n’est pas le meilleur résultat, mais bon, d’une part c’est dans les points et c’est ce que je pouvais espérer de mieux aujourd’hui, » analysait à chaud le Français, sur Canal+.

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