Caterham, Marussia, Haas : l’actu en vrac avant Austin

Le SAV
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Caterham, Marussia, Haas : l'actu en vrac avant Austin
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L’équipe du SAV de la F1 revient, dans une émission en direct à 21h, sur l’actualité F1 des deux dernières semaines et notamment sur les situations financières difficiles de Caterham et Marussia.

En redressement judiciaire, Caterham n’ira pas à Austin

En redressement judiciaire, Caterham n’ira pas à Austin

Après avoir été privée de certains biens à la suite d’une saisie fin septembre, Caterham avait assuré à maintes reprises que cela n’aurait aucune conséquence sur le bon déroulement de sa fin de saison. Cela s’est pourtant révélé inexact.

La situation de l’écurie de Leafield s’est tellement aggravée qu’elle est aujourd’hui en redressement judiciaire : concrètement, l’entreprise malaise 1Malaysia Racing Team Sdn Bhd (abrégée par la suite en 1MRT) et sa filiale Caterham Sports Ltd (CSL) sont aujourd’hui gérées par un administrateur externe dont le but est de remettre à flots leur activité. Les premières décisions de cet administrateur ont consisté à interrompre toute activité le temps de trouver un repreneur sérieux et solide : les employés ont donc reçu consigne de ne pas se rendre à l’usine de Leafield, et l’écurie ne courra pas au moins les Grands Prix des États-Unis et du Brésil, et pourra si besoin faire l’impasse sur Abu Dhabi, les écuries disposant par contrat du droit de ne pas se présenter à trois Grands Prix par saison.

Techniquement, 1MRT, créée en 2009 par Tony Fernandes et Kamarudin Meranun, est l’entreprise qui détient les deux précieux sésames requis pour officier en F1 : la validation de l’inscription par la FIA et l’accord commercial avec le Formula 1 Group de Bernie Ecclestone. En 2010, cette entreprise a par exemple inscrit l’écurie Lotus Racing, qui a été renommée Team Lotus en 2011 puis Caterham en 2012 suite à l’acquisition par ses propriétaires du constructeur automobile du même nom.

Quant à CSL, il s’agit d’une société à qui 1MRT délégue, contre un paiement régulier dit « management fee », son activité intrinsèque d’écurie de Formule 1 (concevoir, construire et faire concourir deux voitures dans le Championnat du Monde de Formule 1). La société mère, quant à elle, gère tous les aspects annexes (sponsoring, communication, gestion, etc.). Tout cela vraisemblablement dans le but d’en tirer des avantages fiscaux.

Mais les soucis de Caterham ne sont pas peurement financiers. 1MRT était l’objet le 29 juin dernier d’un contrat de vente signé entre le groupe Caterham et un groupe d’investisseurs alors inconnu de tous, représenté par Colin Kolles. Ce mercredi 22 octobre, un communiqué publié par les acheteurs a révélé à qui l’écurie a été vendue : la société suisse Dragon Global Entertainment SA, renommée dans la foulée Engavest SA, puis de nouveau en juillet en CF1 Grand Prix Holdings SA (CF1SA), et dirigée par un consultant en affaires suisse, Stefan Gyseler. Cette société a mis en place une équipe de direction menée par Manfredi Ravetto, avec Cristijan Albers dans le rôle de team manager – avant le départ de ce dernier après le Grand Prix d’Italie.

Problème : CF1SA a affirmé que le groupe Caterham ne lui avait pas cédé le contrôle effectif de 1MRT. De l’autre côté, on avance que le contrat, qui stipulait, outre la somme contre laquelle se ferait l’acquisition, que l’acheteur devait éponger les dettes de ses sociétés, n’a pas été respecté, selon un communiqué de Tony Fernandes. L’équipe de direction, qui a géré plusieurs mois durant une écurie qui n’appartenait pas à ses supérieurs, s’est donc retirée au profit des administrateurs judiciaires.

À l’heure qu’il est, 1MRT et CSL emploient plus de 200 personnes, et sont criblées de dettes : on parle notamment de plus de 9 millions d’euros d’impayés envers leur fournisseur moteur Renault. Il reste quelques maigres semaines pour trouver un repreneur qui réglerait les ardoises et qui remettrait l’écurie en état de marche, sans quoi elle disparaîtrait par liquidation.

Marussia non plus

Marussia non plus

Caterham n’est malheureusement pas la seule écurie a être touchée par les ennuis financiers. Son accompagnatrice de fonds de peloton Marussia subit un sort similaire : l’accumulation de dettes, l’actionnaire, Andrei Cheglakov, n’injectant plus d’argent pour les régler, a débouché sur la mise en redressement judiciaire de l’écurie domiciliée à Banbury.

Dans un communiqué publié aujourd’hui, Geoff Rowley, un des administrateurs, rappelle que « faire tourner une écurie de Formule 1 requiert des investissements significatifs. » : « Le propriétaire existant n’étant pas capable de fournir les fonds nécessaires, l’équipe de direction de l’écurie a travaillé sans relâche pour amener de nouveaux investisseurs pour sécuriser l’avenir, mais, à regrets, n’a pu y parvenir en temps voulu. Par conséquent, ils se sont vu sans autre alternative que de placer l’entreprise en redressement judiciaire. »

Et de détailler la suite du programme, l’avenir ne passant pas, tout comme pour Caterham, par le Grand Prix des États-Unis de ce week-end : « Les administrateurs ont considéré qu’étant donné l’état financier du groupe, il n’était pas viable pour le Marussia F1 Team de participer à la prochaine course, le Grand Prix des États-Unis de F1 2014, qui doit avoir lieu ce week-end à Austin. L’entreprise va continuer de tourner pendant que les administrateurs s’occupent de sa viabilité à plus long terme dans sa forme actuelle. Après Austin, il restera deux manches supplémentaires au championnat 2014, à São Paulo et Abu Dhabi, et la participation de l’écurie à ces courses dépendra de l’issue du processus de redressement et des négociations avec les parties intéressées dans cette fenêtre très limitée d’opportunités. »

Le communiqué précise enfin qu’« aucun licenciement n’a été effectué » et que « l’effectif a été entièrement payé jusqu’à la fin du mois d’octobre. » Marussia est actuellement en neuvième position du Championnat Constructeurs grâce à la 9ème place de Jules Bianchi au Grand Prix de Monaco. Elle bénéficiera à ce titre, si elle parvient à survivre et à valider son inscription au championnat 2015, de primes de course de plus de 40 millions de dollars de la part de la FOM. Là encore, l’horloge tourne.

Quelles conséquences pour la F1 ?

Quelles conséquences pour la F1 ?

Selon toute vraisemblance, il ne devrait donc n’y avoir que dix-huit pilotes au départ du Grand Prix des Etats-Unis – et logiquement tout autant à São Paulo, une semaine plus tard. En effet, les écuries peuvent rater trois Grands Prix sans pour autant perdre leur position au championnat et les précieuses retombées commerciales qui l’accompagnent.

La première conséquence directe sera donc l’adaptation du format des qualifications, dès ce samedi à Austin : si 10 pilotes se disputeront toujours la pole position en Q3, ce qui est immuable quel que soit le nombre d’engagés, la Q1 et la Q2 devraient éliminer 4 voitures chacune au lieu de 6, comme c’était le cas depuis début 2013 et la première course sans HRT.

Cependant, si la situation devait durer, le débat concernant la troisième voiture reprendrait de plus belle avec pour impératif d’assurer la présence de 16 monoplaces sur les grilles de départ, ce sans quoi les contrats signés entre promoteurs de Grands Prix et la FOM seraient de facto rendus caducs et devraient donc être renégociés.

Cela dit, Bernie Ecclestone aurait d’ores et déjà trouvé la parade puisque le Daily Mail rapporte, dans son édition dominicale, que les écuries disposent de contrats leur permettant, le cas échéant, de fournir une monoplace à une écurie rivale en difficulté : « Ils fourniront une troisième voiture à quelqu’un d’autre, » précise le grand argentier de la F1. « Si, par exemple, Sauber vient à disparaître, une écurie pourrait passer un accord avec eux. Ferrari pourrait ainsi leur dire : « On vous donne une voiture et tout ce qui va avec et nous voulons qu’il y ait ce sponsor dessus. Vous gardez vos sponsors, mais nous voulons inclure ce sponsor et nous voulons aussi choisir le pilote. » L’écurie n’aurait alors aucune raison de couler, n’est-ce pas ? Si Red Bull décidait de fournir une de ses voitures à Caterham par exemple, ça résoudrait leurs problèmes. » Dans un premier temps, cela résoudra surtout les problèmes de Bernie Ecclestone.

Cela n’arrivera de toute façon pas en 2014, puisque, selon les informations d’Autosport, les écuries disposent d’un délai de 60 jours à compter de la notification de la nécessité dune troisième voiture, trop tardif pour cette fin de saison. Qui plus est, les règlements actuellement en vigueur stipulent qu’une écurie doit engager exactement deux voitures dont elle détient exclusivement la propriété intellectuelle et se basent sur ce principe. Ils doivent donc être modifiés pour autoriser la fourniture de voitures, ce qui, à cette date, ne peut se faire pour la saison 2015 qu’avec l’accord unanime de la Commission F1 de la FIA, où toutes les écuries sont représentées, et la ratification du Conseil Mondial du Sport Automobile, dont la prochaine réunion aura lieu le 3 décembre prochain à Doha (Qatar). Ils n’est pas dit que Williams soit en faveur d’un tel changement, par exemple…

Et pendant ce temps, Gene Haas fait le point

Face aux problèmes rencontrés par Caterham et Marussia, les regards se tournent naturellement vers Kannapolis, siège de l’écurie Haas attendue sur les grilles de départ en 2016. Dans un entretien accordé à CNN, Gene Haas analyse la situation actuelle des deux cadettes de la F1 : « Le plus gros problème qu’ils ont rencontré, en essayant d’intégrer rapidement la grille, c’est qu’ils en sont venus à signer des partenariats qui n’étaient peut-être pas mûrement réfléchis. Ils en sont venus à faire des erreurs. Inévitablement, ils n’avaient pas les ressources ou alors les voitures n’étaient pas correctement préparées parce qu’ils ont précipité les choses. »

Alors qu’il devait initialement intégrer la catégorie reine en 2015, Gene Haas a décidé de reporter à 2016 l’arrivée de son écurie pour, justement, ne pas précipiter les choses. Avant même que la situation de Caterham et Marussia ne s’aggrave, Gene Haas avait donc déjà tiré les leçons : « Nous, nous voulons nous assurer, avant les premiers essais en janvier 2016, d’avoir le châssis complètement assemblé d’ici novembre [2015]. Nous allons passer beaucoup de temps à nous assurer d’avoir les bonnes pièces, les bons équipements, la bonne logistique, les bons conteneurs : tout ce qu’il faut pour nous assurer de participer à la course. »

Un réalisme qui se retrouve jusque dans les ambitions formulées par Gene Haas pour son écurie de Formule 1 : « Certaines équipes dépensent un demi-milliard de dollars par an, d’autres dix fois moins. Nous devrions nous situer dans la moyenne. […] Les cinq premières saisons, il s’agit simplement de survivre. Je ne m’attends pas du tout à ce qu’on arrive et remporte des titres. Si on parvient à remporter une course lors des cinq premières années, ce serait déjà un succès énorme. » Et d’ajouter : « Le simple fait d’être associé à la Formule 1 va nous faire changer de dimension. »

L’équipe du SAV de la F1 revient sur ces différentes actualités mais aussi sur :

  • Une question Répondeur sur les podcasts d’RMC ;
  • La rumeur démentie de l’arrivée d’Audi en 2016 ;
  • Les possibilités de Grands Prix à Las Vegas et à Madrid ;
  • Les transferts : Hülkenberg confirmé chez Force India, Grosjean en passe de l’être chez Lotus ;
  • Le reste de l’actualité, sous forme de « J’ai lu » / « J’ai pas lu »
3 Comments

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